Le dossier du réacteur nucléaire de Chalk River continue de susciter la controverse à Ottawa.
Le ministre Gary Lunn |
Mercredi, le Parti libéral du Canada (PLC) a exigé la démission du ministre des Ressources naturelles du Canada, Gary Lunn, pour sa gestion de la crise. L'opposition officielle accuse le ministre de s'être ingéré dans le dossier auprès de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, un tribunal administratif indépendant chargé de réglementer les activités liées à l'énergie nucléaire au pays.
Le ministre Lunn a vertement critiqué la présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, Linda Keen, parce que celle-ci s'est opposée à la remise en marche du réacteur, au mois de décembre. Malgré les pressions du gouvernement, Mme Keen s'était opposée à la réouverture du réacteur estimant que des tests sur la sécurité des installations devaient être menés.
Dans une lettre datée de la fin décembre, le ministre des Ressources naturelles a accusé Mme Keen d'avoir refusé de tenir compte d'une directive venant de sa part pour permettre le redémarrage de la centrale nucléaire. Il menaçait de la congédier.
Linda Keen |
« C'est le ministre des Ressources naturelles qui devrait démissionner », dit le chef libéral Stéphane Dion qui ajoute que le premier ministre Harper aurait dû congédier son ministre.
Le Parti vert du Canada a également demandé la démission du ministre.
Pénurie prévisible
Toujours mercredi, les libéraux ont aussi dévoilé une lettre de la vérificatrice du Canada, Sheila Fraser, en réponse à leur requête d'entamer un examen à Énergie atomique Canada, qui possède le réacteur de Chalk River. Or, dans sa lettre datée du 20 décembre, Mme Fraser dit avoir déjà procédé à cet examen et qu'elle avait déjà remis les conclusions de son rapport à la société d'État.
Dans son rapport, Mme Fraser dit avoir informé le ministre dès septembre dernier que le mauvais état du réacteur et ses problèmes de financement mettaient en péril la production d'isotopes médicaux.
Les libéraux réclament que le rapport soit rendu public et accusent le ministre d'avoir voulu faire de Mme Keen un « bouc émissaire » dans toute cette histoire.
De son côté, le ministre Lunn devra s'expliquer de la situation, la semaine prochaine, devant le comité parlementaire des ressources naturelles.
La centrale de Chalk River |
À la suite d'une inspection de la Commission canadienne de sûreté nucléaire, Énergie atomique Canada a dû fermer le réacteur de Chalk River, en Ontario, le 18 novembre dernier pour des raisons de sécurité. La fermeture du réacteur a entraîné une pénurie d'isotopes médicaux, utilisés pour mener des tests diagnostics, au Canada et ailleurs dans le monde.
En décembre, le gouvernement Harper et les partis d'opposition ont adopté une loi ordonnant la réouverture du réacteur, contournant ainsi la Commission de sûreté
nucléaire.
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2008/01/09/005-Chalk-River-PLC-Dunn.shtml