Mardi 21 août 2007 2 21 /08 /Août /2007 17:37

Greenpeace souligne les risques de l’énergie nucléaire : le transport des déchets radioactifs, la gestion des déchets, et leurs retraitements, la pollution radioactive,l’irradiation. Le nucléaire propre et sûr est un mythe. Greenpeace fait campagne pour l'arrêt du nucléaire, "civil" et militaire, la fin du retraitement et la dispersion des déchets nucléaires. Il y a 30 ans, après le tout charbon et le tout pétrole, la France s'engageait dans un programme électronucléaire massif. Ce choix, élaboré dans un salon privé, allait faire de la France le pays le plus nucléarisé au monde. L'ère du nucléaire s'est ouverte en juillet 1945 quand les Etats-Unis ont testé leur première bombe atomique au Nouveau-Mexique, suivi un mois après des bombardements d'Hiroshima et Nagasaki. Quelques années plus tard, en 1953, le Président Eisenhower annonçait son programme "Atoms for Peace" aux Nations Unies, dans un contexte d'optimisme atomique effréné. Pourtant, le recours à l'énergie atomique n'a jamais été particulièrement "pacifique". Après un demi-siècle de nucléaire, la planète a hérité de déchets nucléaires qui resteront radioactifs pendant des dizaine voire des centaines de milliers d'années. Aucune solution sûre n'a encore été trouvée quant à leur gestion, où que ce soit dans le monde. Les installations nucléaires, qu'elles soient militaires ou civiles, ont une histoire tristement jalonnée d'accidents et d'incidents, de dissimulations de faits, de désinformation et de mensonges. Les fuites radioactives dans l'environnement ont entraîné la contamination des sols, de l'air, des rivières et des océans, une contamination à l'origine de cancers et d'autres maladies. La production d'électricité dans les réacteurs nucléaires génère des substances utilisables pour la fabrication d'armements nucléaires. Les dangers liés à la manutention de substances nucléaires utilisables en armement nécessitent un haut niveau de sécurité et de secret, même dans des pays qui se veulent démocratiques. De plus, l'énergie nucléaire n'a jamais été une solution économique, malgré les énormes subventions publiques qu'elle reçoit depuis des décennies. Aujourd'hui encore, des financements sont attribués au nucléaire, au dépens de la sobriété et de l'efficacité énergétiques et de sources d'énergie renouvelables comme le solaire ou l'éolien. Aujourd'hui, la France entre à nouveau dans une phase de décisions. Le gouvernement et le parlement doivent se prononcer sur l'avenir énergétique de notre pays pour les 50 prochaines années. A l'heure où nos voisins européens décident de tourner le dos à l'énergie nucléaire, resterons-nous dans l'impasse d'une énergie dangereuse et coûteuse ? http://www.greenpeace.org/france/campaigns/nucleaire

Par REPIN - Publié dans : RECHERCHE science
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Jeudi 28 juin 2007 4 28 /06 /Juin /2007 09:07

DE plus en plus de personnes sont contre le nucléaire

Devons nous aller contre la nature obligatoirement?  le nucléaire est-il une fatalité pour résoudre le problème enrgétique?

Evidement un retour en arrière parrait impossible.... nous n'allons pas des demain retourner au moyen âge et nous eclairer à la bougie!!

Mais pourquoi l'état français  developpe et continue de proner le nucléaire??

Un loby serait derrière cela??

Le developpement des éoliennes n'est visiblement qu'un leurre en France!! il ne sert qu'à satisfaire les exigences européennes en matière d'énergies renouvelables.

Le combustible nucléaire n'est pas une source inépuisable d'énergie, les stocks ne permettent pas d'assurer l'indépendance énergétique de la France pour les 50 ans à venir.... alors pourquoi developper le nucléaire, pourquoi réfléchir à de nouvelles générations de centrales??

il suffit ne serait-ce que de rappeler à chacun la catastrophe de Tchernobyl, mais aussi les scandales de la COGEMA, mais aussi les essais nucléaires français et les iles perdues à jamais ,...les bombes d'Hiroshima et de Nagasaki.......... COMBIEN DE CANCERS ET DE LEUCEMIES FAUT-IL ENCORE??  COMBIEN D'ENFANTS nés avec des mutations génétiques faut-il pour comprendre le danger pour notre terre??

QUE PEUT-ON FAIRE ?????

Par REPIN - Publié dans : ANTI NUCLEAIRE FRANCE
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Vendredi 2 février 2007 5 02 /02 /Fév /2007 22:25

NO COMMENT: article tiré de astrosurf 

L'accident de Tchernobyl

La liquidation de Tchernobyl (III)

Ensuite il y eut ce que les Russes ont appelé "la liquidation de Tchernobyl".

Selon l'AIEA, durant 7 mois 25000 "liquidateurs" passeront par Tchernobyl pour nettoyer la région et obstruer la centrale éventrée. Entre 1986 et 1991 plus de 700000 liquidateurs travailleront dans la région.

Parmi eux il y eut beaucoup d'anciens employés de la centrale âgés de 20 à 45 ans, des pompiers ainsi que 100000 soldats et des mineurs venus de Russie, du Bélarus, d'Ukraine et d'autres régions de l'ex-Union soviétique. En parallèle, d'autres ouvriers participeront à la construction de décharges, de barrages et de nouvelles habitations pour reloger les centaines de milliers de personnes déplacées en d'autres lieux.

Les liquidateurs de Tchernobyl, héros malgré eux. Une image alarmante d'un état d'urgence. Document Progetto Humus.

Enfin, des équipes seront affectées à la décontamination du personnel, du charroi, des bâtiments et à l'assainissement des zones contaminées.

Les liquidateurs réalisèrent un travail monumental mais parfois mortel qui mérita bien leur citation au titre de héros de la nation. Ils déversèrent par hélicoptère une sorte de pâte collante sur la centrale pour coller au sol toutes les poussières radioactives puis les travailleurs détruisirent et enterrèrent les objets radioactifs. 300000 m3 de terre contaminées seront ainsi ensevelis sous du béton. Les hommes se lavaient ensuite 5 fois consécutivement, enfilaient à chaque fois des vêtements neufs pour tenter d'échapper aux poussières radioactives.

Deux mois après l'accident, les liquidateurs participèrent à la fabrication d'un immense sarcophage d'acier et de béton pour protéger la centrale, une installation de génie civil faite sur mesure de 175 x 70 m de côté et de 66 m de hauteur. Par précaution on envoya des robots en première ligne. Mais ils ne résistèrent pas aux radiations et tombèrent en panne, les émissions de radioactivité détruisant leurs composants électroniques.

On envoya donc des hommes mais ils ne pouvaient rester sur le site que 2 ou 3 minutes au risque d'être irradiés à mort. Le niveau de radioactivité présent dans l'air était tellement important que les films d'actualités pris au lendemain de l'explosion furent en partie voilés tel que le montre la photographie présentée ci dessous à gauche prise sur le toit du bâtiment. Encore aujourd'hui, les rares films réalisés par les équipes de télévision ayant filmé le "magma" radioactif dans l'enceinte du sarcophage sont piqués de points blancs, tellement la radioactivité est importante.

A consulter : Les albums photos de Tchernobyl (Progetto Humus)

A gauche, des liquidateurs en train de récupérer le graphite sur le toit du réacteur N°.4 vers le 20 mai 1986. Il y avait parmi eux une majorité de prisonniers de droit commun. En raison du niveau de radioactivité, 70 Sv/h, on leur ordonna de ne rester que 40 secondes sur le toit mais ils seront malgré tout exposés à des doses qui leur seront fatales. Notez le voile qui apparaît au bas du cliché (les franges claires) provoqué par l'intensité des rayonnements ionisants émanant du toit. La mission de ces liquidateurs consista à jeter le graphite et les débris dans le coeur éventré du réacteur avant que les hélicoptères ne déversent dessus des sacs de plomb, de sable et autres matières pour obstruer le trou et réduire les émissions radioactives. A droite, quelques uns des liquidateurs, des militaires, des employés de la centrale et des civils, qui participèrent à la décontamination de Tchernobyl et sa région. Document Memory Archive et Lu Taskey.

Même en restant si peu de temps, les ouvriers s'exposèrent à des doses d'environ 770 mSv, suffisante pour altérer leur formule sanguine. A leur retour les hommes avaient mal aux yeux, ils avaient un goût de plomb dans la bouche et certains saignaient du nez et durent se faire soigner durant plusieurs mois dans les hôpitaux de la région sans qu'on puisse leur garantir une rémission totale puisque toute la région était contaminée. Pour certains, restés trop longtemps et exposés à des doses de plusieurs Sieverts, il était déjà trop tard. Les rares clichés pris sur le toit ces jours là sont tous voilés dans leur partie inférieure en raison de l'intensité des radiations qui émanaient du toit de la centrale. C'est dire combien la situation était préoccupante.

En échange de leur travail, les liquidateurs recevront une prime équivalente à une centaine d'euros et un diplôme de liquidateur. Ce n'est que 7 mois après l'explosion que le sarcophage fut terminé.et la zone considérée comme suffisamment nettoyée. Or localement, les compteurs Geiger crépitaient encore de façon alarmante.

Les Russes envoyèrent même des prisonniers nettoyer la centrale, leur disant, "vous avez le choix, c'est deux minutes ici ou deux ans dans un camp"... Cette fois les hommes étaient protégés par un uniforme en plomb et un masque antiradiation bêta (électrons), l'ensemble pesant environ 28 kg (il faut savoir qu'un électron de 500 keV parcourt environ 3 mètres dans l'air et peut être arrêté par une planche en bois de 5 cm d'épaisseur ou un film en plomb de quelques millimètres d'épaisseur).

Mais rapidement on s'aperçut que le toit du réacteur était recouvert de graphite radioactif et il fallait absolument le retirer au risque de contaminer tous les travailleurs. Des hommes et des robots participeront à cette tâche mais on leur ordonna de ne rester sur le site que 40 secondes maximum, le taux de radiation atteignant 70 Sv/h sur le toit ! Malheureusement, tout ce sacrifice ne permis de réduire la radioactivité que de 30 %.

A gauche, le montage du sarcophage en automne 1986. Au centre, aspect du sarcophage enveloppant tout le complexe en décembre 1999. La photographie est prise de l'endroit le plus proche de la centrale accessible aux "touristes". Vous rapprocher du bâtiment vous expose à des doses supérieures à 300 mSv/h et nécessite une protection spéciale. Malgré son aspect robuste, le sarcophage d'acier s'effrite et n'est pas hermétique. Il devra être renforcé. A droite, coupe verticale du réacteur N°.4 en l'état actuel. Documents Caesium Atlas/C.E., Waclaw Gudoski/KTH et schéma extrait de la thèse de R.Alexander Sich du MIT adapté par l'auteur.

Après cette sinistre expérience, la Russie décida de ne plus construire de centrales nucléaires. Mais en 2003, il semble qu'elle soit revenue sur sa décision en accord avec l'Euratom. De nouveaux Tchernobyl pourraient donc se reproduire à l'avenir... On y reviendra.

En novembre 1986, la neige tomba sur Tchernobyl et les autorités purent enfin constater qu'elle ne fondait pas sur le toit. Le sarcophage était hermétique, ce fut le soulagement général. Les autorités russes estimaient alors que le sarcophage tiendrait au moins 30 ans. De nos jours, en hiver, grâce à la couverture de neige, les techniciens assurant la surveillance du site constatent que la radioactivité ambiante chute de 30%. Malheureusement ce n'est que passager car le mal couve toujours à quelques dizaines de mètres derrière les épais murs de béton. Celui qui serait assez fou pour ouvrir la boîte de Pandore y perdra sa vie...

Le "mensonge-86" des autorités

Ainsi que nous l'avons expliqué, non seulement les autorités russes ont mis près de 30 heures pour réagir après la catastrophe mais elles ont délibérément caché la vérité à la population de Tchernobyl, Pripyat et des autres villes ainsi qu'au reste du monde !

Il est vrai qu'on n'improvise pas un plan d'urgence nucléaire de cette ampleur, et aucune nation que je sache n'est capable d'affronter un tel accident sans improviser. Mais toutes les autorités utilisent les médias pour promouvoir leurs actions. Or, quand on parle d'informer la population, on n'entend et on ne voit plus personne. Même dans nos pays démocratiques, les dirigeants désinforment pour soi-disant ne pas alamer la population ou pour préserver leur prestige ou l'un ou l'autre secteur économique !

De nos jours, ainsi qu'a pu le mesurer Elena Filatova en 2004 (Cf bas de page) ainsi qu'une équipe de Greenpeace et de journalistes occidentaux en 2006 équipés de dosimètres, la radioactivité est localisée sous forme de taches autour de la centrale de Tchernobyl où "ça crache" comme l'on dit dans le métier une radioactivité en moyenne 80 fois supérieure à celle émise dans une ville occidentale. Mais localement les compteurs Geiger, les contaminamètres et autres radiamètres s'affolent et mesurent encore une radioactivité jusqu'à 300000 fois supérieure à la normale à quelques centaines de mètres du réacteur.

A 500 m du sarcophage, les dosimètres relèvent des doses de 6 à 8 mSv/h alors que dans l'environnement naturel la dose de radioactivité est au moins 60 fois plus faible (de l'ordre de 12 mSv/h) !

Pour les personnes contaminées, le mal est invisible mais les effets de la radioactivité sont parfois durables et même mortels. En 1986, les pauvres liquidateurs mal informés et contraints de travailler dans des conditions extrêmes au péril de leur vie ont été rongés dans leurs chairs et brûlés de l'intérieur en quelques secondes par l'énergie des particules ionisantes, souffrant le martyre durant des semaines avant de mourir. Je vous dispense des détails. L'assainissement des zones contaminées n'est pas à l'ordre du jour.

En fait les autorités comptent sur le temps, à la fois sur la demi-vie des radionucléides souvent inférieure à 30 ans et sur le rôle drainant des précipitations qui fixeront les poussières dans le sol mais que malheureusement les animaux et les végétaux s'en nourriront, et par extension les habitants.

Radioactivité moyenne de l'ensemble des dépôts de césium-137 en Europe en 1998. Document Caesium Atlas/C.E.

La contamination des adultes

A l'époque de l'accident, Anatolii Romanenko, le Ministre de la Santé d'Ukraine, fit tout son possible pour cacher la vérité à la nation et au monde. Nous avons vu comment il jugea que tout était soi-disant dans les normes. Il sera limogé en novembre 1989 mais en guise de "récompense" il sera nommé... directeur du Centre de Recherche de Médecine des Rayonnements à Kiev (Research Centre for Radiation Medicine, RCRM) qui dépend de l'Académie des Sciences d'Ukraine (NAS). Or c'est sur les conseils du RCRM que les dossiers des liquidateurs sont expertisés. Romanenko refusant de voir un lien de cause à effet entre les maladies dont souffrent les liquidateurs et l'accident de Tchernobyl, il refuse toujours de reconnaître leur contamination. Mais étant juge et partie, le peuple sait qu'il ne peut plus lui faire confiance. Aussi, pour faire valoir leurs droits, en 1990 les victimes n'ont pas eu d'autres alternatives que d'entamer une grève de la fin. Malheureusement, Romanenko est intouchable et fut même titularisé à l'Académie des Sciences d'Ukraine en 1992 !

Dès 1990, des scientifiques indépendants exprimèrent publiquement leur désapprobation face au laisser-aller du pouvoir central devant la situation sanitaire du pays. Ils envisagèrent de déplacer près d'un million de personnes des zones contaminées.

Mais rapidement, une pétition fut signée par 92 scientifiques opposés à cette solution. Elle sera remise au Président Gorbatchev. Ces scientifiques dont beaucoup étaient membres correspondants ou titulaires de l'Académie des Sciences d'Ukraine étaient favorables aux idées de Romanenko, y compris L. Iline, le directeur de la radioprotection en Russie. La pétition fut acceptée par Gorbatchev et plus personne n'entendit parlé des maladies et ne s'occupa de la santé de la population. 

Aujourd'hui le scandale couve, des malades meurent tous les jours mais les autorités ont estimé que l'accident faisait dorénavant partie du passé.

Mais si le Gouvernement d'Ukraine et l'Académie des Sciences semblent vouloir oublier tout le volet sanitaire et leurs responsabilités, en revanche ils gardent bien la tête sur les épaules et sont tout attentif quand il faut discuter assainissement du site et qu'ils peuvent en retirer de l'argent grâce à l'aide internationale. On en reparlera, car en attendant les malades sont de plus en plus nombreux.

Evolution de la proportion des différents radionucléides à la contamination de l'air dans les zones contaminées proches de Tchernobyl. Document OCDE et The radiochemical manual, 2d Ed., adapté par l'auteur.

En 2006, soit 20 ans après l'accident de Tchernobyl, sur les 700000 liquidateurs, 10000 sont déjà morts victimes des radiations et 20000 sont invalides. On estime que 50000 d'entre eux mourront d'un cancer dans les prochaines années. On ne leur a jamais communiqué les doses de radiations qu'ils ont reçu.

Selon l'AIEA, quelque 350000 liquidateurs soit la moitié des ouvriers ayant travaillé entre 1986 et 1987 au nettoyage de la centrale auraient reçu une dose de radiation de 100 mSv. Cette dose est 5 fois supérieure à la limite annuelle tolérée dans le secteur nucléaire (20 mSv par an).

Pour rappel, la dose de radioactivité naturelle dans un environnement non contaminé est d'environ 2.4 mSv par an. Le rapport TORCH publié en 2006 considère que 200000 liquidateurs ont reçu une dose effective de 100 mSv. Comme si soudainement 150000 irradiés avaient guéri.

Mais pire que cela, les autorités russes ont augmenté les normes, multipliant les seuils à risque par 5 ! Tout d'un coup des milliers de malades furent guéris et priés de rentrer chez eux ! Ce sont peut être ceux là que le rapport TORCH a oublié... Selon le RCMR de Kiev, "le taux de mortalité des liquidateurs et des ukrainiens a été multiplié par six pendant la période 1988-2002, passant de 1.95/1000 à 11.7/1000".

A gauche et au centre, les preuves des lésions génétiques. Des échantillons d'ADN prélevés sur les liquidateurs de Tchernobyl ont été analysés aux Etats-Unis, notamment à la NASA et au LLNL. Les techniques FISH et RxFISH d'hybridation fluorescente in situ développées au LLNL permettent de mettre en évidence des translocations sur les nucléotides d'ADN des chromosomes. Ces photographies révèlent des "changements bicolores", signes d'un dommage structurel des brins d'ADN, dans ce cas ci induit par une exposition à un rayonnement ionisant (radioactivité). A terme, la victime risque d'avoir des malformations et on pourrait observer des mutations congénitales chez sa descendance. Documents I.Jones/LLNL et NASA/BNL

Globalement, toute la population contaminée soit 9 millions d'habitants d'Ukraine, de Bélarus et de Bryansk en Russie ont reçu une dose cumulée effective variant entre 67 et 140000 Sv, soit environ 19 mSv par an par habitant. Selon Cardis et al (1996), ces chiffres sont sous estimés et doivent être doublés, la population ayant reçu une dose effective de 28 mSv, soit 12 fois supérieure à la radioactivité naturelle. Et ceci n'est qu'une moyenne et ne tient pas compte des victimes en Europe occidentale que l'AIEA ignore superbement dans ses statistiques.

Tous les liquidateurs qui ont survécu sont aujourd'hui victimes du "syndrome de Tchernobyl" et sont atteints de la "maladie des rayons" comme l'appelle les Russes; tous sont soignés dans des hôpitaux car leur organisme est entièrement contaminé par la radioactivité, tant leurs organes que leur système nerveux, leur moelle osseuse ou leur métabolisme. Tous ceux qui ont survécu sont handicapés mais le Gouvernement continue à les ignorer !

En parallèle, tous les aliments dont ils se nourrissent, du lait aux légumes en passant par le gibier, présentent des concentrations de césium-137 très au-dessus de la normale avec des risques certains de contracter des maladies. Mais dans un pays où le salaire moyen est de 82€/mois, à choisir entre mourir de faim et manger des aliments contaminés, le choix est vite fait. 

Un désastre humain. A gauche, des parents ukrainiens viennent d'apprendre le diagnostic de leur enfant. A droite, Vasily, 60 ans, s'effondre en larmes en racontant à un enfant combien son village était beau avant l'accident de Tchernobyl et combien les gens aimaient y vivre. Ces photographies ont été réalisées par des enfants ukrainiens, bélarus et russes âgés de 12 à 17 ans dans le cadre d'un atelier organisé par UNICEF CEE/CEI pour commémorer le 20eme anniversaire de l'accident de Tchernobyl.

Quand on interroge les adultes, qu'ils soient jeunes ou âgés, Tchernobyl fait effectivement partie du passé et la vie doit bien continuer, même si le risque est toujours présent et caché sous terre, dans l'herbe, les fruits ou la viande des animaux. Tout ce qu'ils ont connu de Tchernobyl, Pripyat ou des autres villes aujourd'hui contaminées restent comme des souvenirs du bon temps qui font pleurer en sanglots mêmes les plus hommes les moins sensibles. Les parents comme les enfants ont bien compris qu'ils avaient perdu leur âme dans cette catastrophe et préfèrent penser à autre chose. Aujourd'hui seules les icônes de la Sainte Vierge, les soins médicaux et l'aide internationale peuvent soulager leurs souffrances et leur donner espoir.

Des enfants abandonnés et sans défense

On estime que l'accident de Tchernobyl contamina en 1986 quelque 400000 enfants d'Ukraine, Bélarus et de la région de Bryansk en Russie. Selon l'UNICEF, les "désordres sanitaires" ont globalement augmenté dans ces trois pays de 43% pour les problèmes d'organes nerveux et sensoriels, et de 62% pour les désordres osseux, musculaires et ceux des tissus conjonctifs.

En 1956, la célèbre épidémiologiste anglaise Alice Stewart (†2002), spécialiste des radiations, avait déjà démontré qu'un seul diagnostic réalisé aux rayons X chez une femme enceinte augmentait le risque de leucémie (et de mort précoce) chez le nouveau-né de 40% ! A Tchernobyl, ce n'est même plus un risque, c'est devenu une fatalité !

En 1994, Helen Caldicott avait publié dans son livre polémique "Nuclear Madness : What You Can Do" (p.137), une étude précisant que même en Grèce, située à 2800 km de Tchernobyl, on avait diagnostiqué un taux de leucémie 2.6 fois plus élevé que la normale chez les jeunes enfants qui étaient encore in utero lorsque l'accident se produisit.

Le 25 avril 1996, le "New York Times" citait une étude publiée dans le magazine "Nature" réalisée sur des enfants nés en 1994 de mères exposées au fallout de Tchernobyl. Les chercheurs avaient étudié 79 familles résidant dans un rayon de 300 km autour de Tchernobyl et découvert un taux anormal de mutations génétiques dans l'ADN des spermes et des ovules. 

Selon ces chercheurs, ces mutations sont passées d'une génération à l'autre en provoquant parfois de graves malformations chez les enfants et aujourd'hui c'est la deuxième descendance qui risque de subir les mêmes malformations congénitales. On aurait préféré qu'ils lèguent autre chose à leurs enfants...

Selon un article publié en 2001 dans le journal de la Royal Society anglaise, aujourd'hui leurs enfants de la région de Tchernobyl présentent un taux de mutation 7 fois plus élevé que ceux dont les parents n'ont pas été exposés aux radiations. Trois équipes médicales ont étudié ces enfants, des chercheurs de l'Institut de l'Evolution et du Centre de Contrôle du Cancer de Kupat Holim en Israël ainsi que du RCMR d'Ukraine. Leurs conclusions rejoignent les résultats des études sur les cancers de la thyroïde.

Sur le terrain la situation est tout aussi alarmante dans la jeune génération. Plus de 1200 enfants d'Ukraine ont été opérés d'un cancer de la thyroïde et 3000 autres enfants sont en sursis. 

Augmentation du nombre de cancers de la thyroïde après Tchernobyl. Taux d'incidence pour 100000 habitants qui étaient enfants ou adolescents en 1986. Elle aurait pu ne pas exister si les victimes avaient pris des comprimés d'iode et mangé du sel iodé. Cette courbe suit la même progression alarmante que celle des leucémies.

Or le nombre d’enfants ayant développé ce type de cancer aurait pu être nettement plus faible s’ils avaient consommé du sel iodé dans leur alimentation quotidienne au moment de l’accident. En effet, de cette manière leur glande thyroïde aurait absorbé l’iode naturelle jusqu’à saturation, empêchant la fixation de l'iode radioactif. Comme l'ont dit, la solution est toute bête, encore faut-il l'appliquer. Voici la posologie concernant les comprimés d'iode.

Pour pallier à cette carence, Maria Calivis, directrice régionale de l’UNICEF pour l’Europe centrale et de l’Est et la communauté des Etats indépendants (CEI) en appelle à l’universalisation de l’iodation du sel. Le message passe mais trop lentement. Avis aux fabricants et aux distributeurs.

Mais à côté de ces démarches, il n'existe malheureusement aucune statistique sanitaire officielle malgré les actions du Président d'Ukraine, Viktor Yuchtchenko (celui qui fut victime d'un empoisonnement en 2004). Les rares médecins qui se sont préoccupés des cas de cancers et de mutations dans la population ont vu leurs recherches annulées et sont aujourd'hui en résidence surveillée, contraints de s'intéresser aux mutations génétiques constatées chez les animaux qui ont mangé de l'herbe contaminée !

Mais il semble que tous les experts européens n'aient pas encore conscience de l'ampleur des conséquences des mutations génétiques dans la population biélorusse ou ukrainienne. Dans un rapport récent de l'AFCN (B) on peut lire, "il est particulièrement intéressant de noter que des mutations radio-induites sont cette fois bel et bien apparentes dans le génome des enfants dont les parents ont été irradiés en Biélorussie et en Ukraine. Les éventuelles conséquences de ces mutations sur la santé de ces enfants sont encore mal connues". 

Si je n'utiliserais pas le terme "intéressant" par respect pour les victimes mais plutôt "préoccupant", c'est à se demander si ces experts ont pris connaissance des rapports médicaux, ont visité les hôpitaux où ces enfants étaient soignés ou ont ne fut-ce que lu les témoignages des victimes publiés par l'UNICEF ou des reporters occidentaux.

La couverture toute symbolique du livre iconographique "Legacy" de John Darwell consacré à Tchernobyl. Beaucoup d'enfants victimes de Tchernobyl ne peuvent même plus jouer car ils sont de suite fatigués. Ils vivent avec ces déficiences chroniques tout en essayant de mener la vie la plus normale possible.

En effet, un grand nombre de bébés nés après l'accident de Tchernobyl (1986-2000) sont profondément handicapés moteurs et mentaux et pratiquement laissés à l'abandon dans les asiles de Minsk en Bélarus, au plus grand désespoir de leurs parents. Aujourd'hui et plus qu'ailleurs, tous les jeunes couples d'Ukraine, de Bélarus et de la région de Bryansk redoutent de donner naissance à un enfant handicapé ou ayant déjà contracté un cancer. Leur pressentiment est aujourd'hui confirmé par les médecins et les études scientifiques.

Selon l'UNICEF, les troubles dus aux carences en iode sont la première cause de retards mentaux et peuvent faire chuter le quotient intellectuel d’une population de 15 points. Ces carences sont un danger pour les femmes enceintes et les jeunes enfants. Même une légère carence en iode durant la grossesse peut affecter le développement cérébral du fœtus. Plus de 2.4 millions de bébés naissent chaque année en Europe centrale et de l’Est et dans la CEI avec un handicap mental.

Quant aux enfants nés vers 1990-95, aujourd'hui jeunes adolescents, la plupart souffrent de déréglements du métabolisme et ont contracté un cancer de la thyroïde. Certains sont également handicapés moteurs, sont nés sans bras ou à moitié aveugle.

Dans l'Hôpital des Enfants Cancéreux de Minsk ainsi qu'à l'asile de Novinki, à la Maison des Enfants N°.1 et à l'Orphelinat de Gomel en Biolorussie des centaines d'enfants et de bébés sont en sursis. Le premier abrite tous les enfants atteints de cancer de la thyroïde ou des tissus (viscères), les trois autres tous les enfants atteints de graves malformations congénitales, hydroencéphalites, mutations génétiques, paralysies, démences, etc. Le spectacle est choquant et tout le monde est impuissant devant leur détresse comme a pu s'en rendre compte le photographe Paul Fusco de l'agence Magnum

Aujourd'hui toute les villes de la région concernées par ce problème disposent d'au moins un hôpital ou un département pour les cancéreux.

Témoignages à lire :

Naître et grandir après Tchernobyl - Tchernobyl, 20 ans après

The Children - Interviews on Chernobyl

A gauche, Sasha accompagna un enfant photographe réalisant un porte-folio pour l'UNICEF dans un Centre pour cancéreux à Borovlyany en Ukraine. Quand il entra dans la chambre il vit cette jeune fille maigre alitée. En découvrant qu'elle n'avait pas de bras, il eut un choc. Suite aux mutations génétiques engendrées par la radioactivité, des milliers d'enfants sont nés infirmes dans un rayon de 300 km autour de Tchernobyl. Document UNICEF CEE/CEI. A droite, un enfant lourdement handicapé à l'Orphelinat de Gomel. Voici un autre enfant handicapé. Et pourtant ces victimes sont nées plusieurs années après l'accident...

Face à cette situation révoltante et devant le peu de support des autorités, le bureau de l'UNICEF pour l'Europe centrale et la CEI (CEE/CIS) sollicite plus que jamais la générosité de toutes les bonnes volontés. Voyez leur site pour les détails ou les bureaux de l'UNICEF : BE, CA, CH, FR, LU, etc. Toute aide internationale est la bienvenue.

Aucun des enfants contaminé n'a connu Tchernobyl et ils ne connaissent les faits qu'à travers ce que leurs parents leur ont dit. Quand un journaliste ou un chercheur les interroge sur leur santé, les moins atteints se demandent pourquoi on en parle encore, "ça remonte à 20 ans...!" comme ils disent. Ils préfèrent oublier et penser au moment présent et à l'avenir. Mais si on insiste, ils finissent par avouer que leur vie a changé. La plupart des enfants parlent sans émoi des "rescapés", de la mort ou de la contamination comme nous parlerions d'un fait divers. Ils ont intégré l'accident et le fait que tout soit contaminé et ne sont pas perturbés par des faits qui nous choqueraient. Après tout, comme le disent leurs parents, il faut bien continuer à vivre. Mais les malades diraient plutôt qu'ils survivent.

Les enfants hospitalisés présentant des déficiences mentales ou visuelles ont par nature un regard perdu qui s'égare vers des lendemains désenchantés. Mais ceux qui sont bien conscients de leur situation ont également perdu leur joie de vivre; beaucoup d'enfants ne peuvent plus jouer comme par le passé et tiennent compagnie à leur frère, leur soeur ou leur camarade plus handicapé qu'eux. 

Les enfants contaminés ont vu leurs défenses immunitaires s'affaiblir; ils sont sensibles à la moindre infection et chaque année ils sont obligés de passer plusieurs semaines dans des hôpitaux spécialisés où les médecins tentent de les soigner, souvent avec des moyens dérisoires appartenant à la médecine parallèle (magnétisme, effluves, etc), faute de médication adaptée à leur maladie. Cela les soulage mais ne les guérit pas. Chaque année la file des malades s'allonge, chaque année de nouveaux enfants restent alités chez eux au lieu de jouer à l'extérieur avec leurs camarades... Comme le dit une médecin russe, en agissant dans le plus grand secret pour préserver le prestige du pays, la Russie n'a pas seulement libéré du césium-137 dans l'air mais également le "mensonge-86" !

A soutenir : Les enfants de Tchernobyl & ASE (B)

France-Bélarus (F) - SSET (Ca)

Certains radiologues et même des portes-paroles du secteur nucléaire occidentaux ont suggéré que ces enfants avaient pu être contaminés par des pesticides, sous-entendant que la relation entre leur maladie et l'accident de Tchernobyl restait à démontrer. Il va s'en dire que les rares personnages qui ont tenu ces propos ont choqué le public et furent sommés de s'expliquer devant les journalistes. Ils sont aussitôt revenus sur leurs propos, ne "voulant pas dire que les pesticides expliquaient tous les cancers et les mutations génériques observés à Tchernobyl"...

Il est vrai que la Russie use et abuse de produits chimiques en-dehors de toutes les tolérances et informe fort peu sa population sur les risques potentiels à respirer leurs effluves ou à manger des produits agricoles sans les laver ou sans retirer leur pelure. Des centaines de personnes ont ainsi contracté des maladies et des cancers. Même en Europe, les habitants vivants près des décharges industrielles aux effluves étranges sont parfois victimes de maladies de peau pratiquement incurables. Mais avancer un effet chimique alors que des dizaines de milliers de victimes sont handicapées depuis les années 1990 dans un rayon d'environ 300 km autour de Tchernobyl à tous les symptômes de la désinformation ! Ce n'est malheureusement pas si étonnant d'entendre de tels propos dans la bouche de pronucléaires !

Aujourd'hui Gomel, Mogilov, Opachichi, Pripyat, Savichi, Spirishgye, Tchernobyl sont autant de villes mortes où le silence est présent de manière si irréelle qu'il vous affecte plus que le discours rassurant et mensongé des autorités. La région présente toujours un taux de radioactivité au minimum 10 fois supérieur à la normale et localement des milliers de fois plus intense. Mais malgré l'interdiction d'y habiter, un bon milliers d'habitants de Pripyat sont retournés chez eux, préférant mourir dans leur maison contaminée qu'à des centaines de kilomètres de là dans un lieu qu'ils ne connaissent pas et loin de leurs souvenirs. Globalement, 9 millions de personnes continuent à vivre sur des terres contaminées.

Triste décadence pour les enfants d'un Empire qui n'ont plus que la mort pour alliée et le silence et le mépris des agences gouvernementales en écho à leurs souffrances. Quand l'homme aura appris la leçon de ses erreurs, il sera devenu sans doute un peu plus sage. Malheureusement nous allons constater que ce n'est pas pour demain.

Par REPIN - Publié dans : Anti Nucléaire Etranger
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Mardi 23 janvier 2007 2 23 /01 /Jan /2007 22:16

Est-il possible de sdiortir rapidement du nucléaire??

Comment sortir du nucléaire en 3 à 4 ans

 
La France dispose d’équipements suffisants pour mettre à l’arrêt presque 70% de ses réacteurs nucléaires : Arrêt des exportations d’électricité [*], arrêt de l’autoconsommation nucléaire [**], utilisation maximum des capacités hydroélectriques et des centrales thermiques classiques existantes (fioul, charbon, gaz) permettraient de sortir très rapidement du nucléaire.

Pourquoi sortir ?

Il est nécessaire de préciser la raison fondamentale d’un engagement antinucléaire. Il ne suffit pas de mentionner les “risques d’accidents majeurs” (comme Tchernobyl) en introduction. Il est nécessaire d’expliquer ce que cela signifie pour notre santé, pour notre société, pour nos descendants. C’est la gravité des conséquences de ces accidents majeurs qui est déterminante pour le choix d’un scénario de sortie.

Quand on examine les textes officiels des commissions internationales, européennes et les préoccupations administratives en France, on se rend compte assez rapidement de l’ampleur possible des désastres nucléaires. Tous ces experts se penchent sur le problème : comment gérer ces catastrophes au mieux des intérêts économiques ? Ce ne sont pas les conséquences sanitaires qui les préoccupent mais le désastre économique et les réactions populaires. Ils se demandent comment anesthésier l’opinion publique qui risque fort de déclencher des “ turbulences sociales ” (rendant la gestion plus difficile) et comment maîtriser ces turbulences.

On est loin des risques industriels classiques qui finalement se gèrent assez facilement par nos technocrates. Il est paradoxal de constater que ceux qui redoutent le plus ces “ risques nucléaires majeurs ” se trouvent pour la plupart chez les “ responsables ” et très peu parmi les antinucléaires à part quelques individus taxés assez rapidement de paranoïaques.

Si l’accident nucléaire est du même type qu’un accident industriel classique, il est clair qu’il faut y porter remède mais il n’y a pas lieu de s’affoler et on a du temps pour trouver la meilleure solution. Par contre si l’ampleur des catastrophes possibles est hors mesure, alors il est suicidaire de chipoter sur les moyens de s’en sortir : on est dans une urgence extrême.

Les déchets de l’industrie nucléaire posent un autre problème, celui des générations futures. Il est nécessaire à ce sujet d’abandonner quelques fantasmes bien réconfortants pour nous qui avons accepté sans grande résistance cette énergie productrice de ces déchets redoutables pendant des millénaires. Les déchets que nous avons produits sont là et aucune voie n’est en vue pour les éliminer, les anéantir. Il nous faut admettre que nous avons porté atteinte à nos descendants, que nous les chargeons d’un fardeau qu’ils n’ont pas voulu. Du point de vue sanitaire, la recherche d’un stockage à moindre mal est bien sûr absolument nécessaire, mais il y aura du mal, des “ détriments ” comme disent les experts. L’arrêt de la production de ces déchets semble alors une obligation morale. Cet arrêt implique l’arrêt de la production électronucléaire. Retarder cet arrêt pour satisfaire à des critères secondaires c’est accepter de menacer nos descendants par encore plus de déchets.

Il paraît indispensable de s’interroger pour savoir comment nous avons été amenés dans cette impasse immorale. Qui nous y a conduits ? Quels arguments avons-nous acceptés pour laisser les décideurs sociaux tranquilles ? Ceci serait très utile car de nouvelles menaces pointent, développées par le même type de décideurs, appuyées par les mêmes corps intermédiaires qui nous ont bernés avec le nucléaire.

Enfin, appuyer notre engagement antinucléaire par des arguments économiques, entrer en polémique avec EDF et ses nucléocrates sur le coût du kilowattheure ou sur le coût de l’uranium ne peut qu’affadir l’argument fondamental de la catastrophe nucléaire.

Quand sortir ?

L’importance des conséquences d’accidents graves possibles implique l’urgence de la sortie du nucléaire. Le choix des moyens pour cette sortie et les délais correspondants doivent être confrontés à l’ampleur des conséquences de l’accident. Prendre en compte la nécessité pour EDFd’amortir les investissements considérables effectués pour développer son parc nucléaire et n’exiger la mise à l’arrêt des réacteurs qu’après les 25 ou 30 ans nécessaires c’est considérer que ce serait un gaspillage financier de ne pas laisser les centrales nucléaires rembourser leurs dettes. En somme ce serait un gaspillage non justifié par les conséquences sanitaires d’un accident nucléaire sur la population. Et puis dans cette perspective de nécessité économique pourrait-on reprocher à EDF de faire fonctionner ses réacteurs au delà de ces 25-30 ans (EDF veut faire fonctionner ses réacteurs 40 ans, voire plus) si cela s’avérait techniquement possible ? L’électricité serait alors très bon marché.

Certains partisans d’une telle sortie différée précisent qu’en cas d’accident grave une sortie rapide serait possible. La logique de cette conception est aberrante car elle conduirait à souhaiter un accident rapidement pour sortir de l’impasse nucléaire ! Là encore c’est négliger les effets des accidents nucléaires, c’est les considérer comme tout à fait acceptables.

Comment sortir ?

En gros deux possibilités : utiliser ce qui est disponible et opérationnel ou bien attendre d’avoir des énergies propres en abondance.

Quelles sont les possibilités actuelles ? En dehors des réacteurs nucléaires et des installations hydrauliques la France possède une capacité de production électrique importante à partir des combustibles fossiles (essentiellement charbon et fioul, pratiquement pas de gaz).

En arrêtant les exportations d’électricité et en tenant compte des économies réalisables si l’on supprime l’auto-consommation nucléaire, on constate que l’utilisation à plein rendement des installations thermiques classiques à charbon et fioul conjointement à l’hydraulique permettrait d’arrêter 70% du parc nucléaire français. Le recours aux combustibles fossiles n’est certes pas une solution idéale mais c’est la seule disponible à très court terme. EDF a mis au point, pour l’exportation, des centrales à “ charbon propre ” qui rejettent peu de polluants, (le gaz carbonique qui contribue à l’effet de serre est bien sûr inévitable, mais cette surproduction est négligeable par rapport aux autres composantes, entre autres les transports et l’agriculture). Les installations françaises ne sont pas toutes équipées des derniers perfectionnements. Cependant il faut comparer la pollution qui résulterait de leur fonctionnement intensif avec la pollution du cycle nucléaire de la mine d’uranium au stockage des déchets. Il faut surtout faire la comparaison avec les conséquences sanitaires des catastrophes nucléaires possibles. Bien sûr si l’on considère ces conséquences comme anodines, alors charbon et fioul ne sont guère acceptables. Dans ce cas le nucléaire se trouverait parfaitement justifié et l’existence d’une mouvance antinucléaire devient incompréhensible.

L’utilisation de turbines à gaz serait bien sûr plus satisfaisante mais hélas il n’y en a guère en France. C’est là, probablement, la voie possible la plus rapide pour remplacer les 30% des réacteurs que l’on ne peut pas supprimer par le recours à nos centrales thermiques à charbon et à fioul.

Quand certains (Les Verts par exemple) préconisent de remplacer le nucléaire par des économies d’énergie et les énergies renouvelables (vent, soleil), ils restent très vagues sur les estimations quantitatives en kilowattheures. Seul semble important le coût, qui, grâce aux progrès de la technologie, devrait diminuer. La pensée unique économique règne en maîtresse et non l’aptitude de ces technologies à remplacer les gigawatts nucléaires. Même en escomptant un très grand gain d’efficacité de ces installations d’énergies renouvelables on serait encore très loin du bilan de l’électricité consommée en France et quelques économies d’énergie à faire d’urgence ne changent guère le bilan. C’est une réduction considérable de notre consommation d’électricité qui serait nécessaire.

Insistons sur le fait que bien sûr nous ne sommes pas opposés à l’utilisation des énergies renouvelables partout où c’est possible. Ce que nous contestons c’est l’affirmation qu’elles peuvent être une alternative à un remplacement rapide du nucléaire. De même des économies d’énergie ne peuvent qu’être bénéfiques. Mais pour sortir rapidement du risque nucléaire nous n’avons guère le choix et la solution existe : il faut recourir aux énergies fossiles. Les nucléocrates d’EDF ont bien perçu cette menace car ils mettent en place une politique de démantèlement systématique des installations thermiques au charbon et au fioul et cela dans l’indifférence générale. Si cette politique aboutit, la sortie rapide du nucléaire deviendra techniquement problématique et il faudra compter parmi les responsables de cette situation tous ceux, parmi les écologistes, qui diabolisent le charbon.

www.infonucleaire.net

Par REPIN - Publié dans : RECHERCHE science
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Mercredi 6 décembre 2006 3 06 /12 /Déc /2006 22:03

la radioactivité est dangereuse

L’énergie nucléaire induit en permanence des risques d’un

tout autre ordre que ceux causés par d’autres activités industrielles.

Ceci est dû à la nature même de la radioactivité,

et plus particulièrement aux trois caractéristiques suivantes:

• Il n’existe aucune dose de rayonnement sûre

Toute dose de radioactivité, aussi minime soit-elle, est

toxique. Il n’existe pas de limite inférieure. La radioactivité

est la plus dangereuse lorsque la source se trouve à

l’intérieur même du corps, par exemple suite à l’inhalation

ou l’ingestion des minuscules particules radioactives

qui sont rejetées quotidiennement ou accidentellement

dans l’environnement par les installations nucléaires. Il

est ainsi communément admis par le monde médical que

l’inhalation de 7 micro-grammes (c’est-à-dire 7 millionièmes

de gramme) de plutonium provoquera avec certitude

le développement d’un cancer des poumons. Mais des

rayonnements radioactifs peuvent endommager des tissus

cellulaires également à distance, et causer des anomalies

telles que des cancers. Selon une règle générale appliquée

en radioprotection, chaque dose supplémentaire de radioactivité

augmente les risques de dommages sur la santé,

et doit donc être évitée.

Même la radioactivité naturelle, très faible en Belgique, est

elle-même responsable d’environ 500 cancers du poumon

par an.ı

• Les effets ne se limitent pas au présent

La pollution radioactive ne s’atténue qu’après des milliers,

voire des centaines de milliers d’années. Les matières radioactives

ne perdent en effet que progressivement leur intensité

de rayonnement. Certaines verront leur radioactivité

décroître très rapidement, tandis que d’autres nécessiteront

des siècles (par exemple, l’intensité du rayonnement de

l’iode-131 diminue de moitié après 8 jours et est pratiquement

nulle au bout de 80 jours, tandis que le plutonium-

239 voit son rayonnement diminuer de moitié après 24.400

ans seulement et sera inactif après plus de 240.000 ans).

Une fois que les substances radioactives de longue durée

de vie — comme le plutonium, qui n’existe pas en tant que

tel dans la nature, mais provient de la fission de noyaux

d’uranium — sont introduites dans le milieu naturel, elles

continuent à représenter une source potentielle de contamination

durant des milliers de générations.

• Les effets ne se limitent pas à un périmètre réduit

La pollution radioactive se propage à l’échelle mondiale.

Lorsque, dans les années 1950-60, des essais nucléaires ont

été menés loin de notre pays (au Nevada, en Australie ou

dans le Pacifique Sud), une augmentation de la radioactivité

a été mesurée par l’IRM à Uccle. Suite à la catastrophe

de Tchernobyl, un nuage radioactif s’est diffusé à travers

le monde. Après cet événement, les cultures d’épinards

(plantes qui absorbent facilement l’iode radioactif) ont dû

être détruites en Belgique. Quinze ans plus tard, dans 388

élevages de moutons en Angleterre, au pays de Galles et en

Ecosse, des mesures restrictives étaient toujours d’application

concernant la consommation de viande et de lait, suite

à la contamination radioactive des pâtures.ıı

une centrale nucléaire sûre, ça n’existe pas

Il existe différents types de centrales: le modèle russe RBMK

(Tchernobyl, par exemple), le réacteur britannique Magnox

et les réacteurs à eau pressurisée — également appelés

PWR (tels que ceux qu’on trouve à Three Miles Island, Doel

ou Tihange). Les uns sont équipés de systèmes de sécurité

intégrés plus sûrs que les autres, et un pays applique des

mesures de sécurité plus contraignantes qu’un autre. Mais

une chose est certaine: tous les réacteurs sont dangereux

par nature. Peu avant la catastrophe de 1986, le réacteur de

Tchernobyl avait été déclaré “sûr” par les instances internationales

de sécurité nucléaire. Malgré cela, “l’impensable”

est arrivé. Des scénarios d’accidents très graves sont

également envisageables pour les réacteurs occidentaux

PWR. L’un des points faibles des PWR est le circuit d’eau de

refroidissement.ııı

Des accidents peuvent également survenir dans d’autres

installations. Citons par exemple:

• les lieux de fabrication de combustibles nucléaires (ex.

FBFC et Belgonucléaire à Dessel);

• les lieux de retraitement et de stockage des déchets nucléaires

(ex. à Mol);

• les transports nucléaires (ex. lorsque le Mont Louis a

coulé devant la côte d’Ostende).

Les clauses des contrats d’assurance-maladie et autres

stipulent que les problèmes causés par (ou découlant de)

une réaction nucléaire ne sont pas couverts.ıv En effet,

l’ampleur des dommages qui seraient occasionnés par un

accident nucléaire grave est telle qu’aucune compagnie

d’assurances ne veut les couvrir, surtout dans un pays

où la population est très dense, comme c’est le cas de la

Belgique. Comment peut-on dès lors affirmer qu’il est sûr

d’habiter à proximité de nos centrales nucléaires alors que

les experts des assurances, spécialisés dans l’évaluation

des risques, refusent de couvrir les dégâts causés par un

accident?

Aux Etats-Unis, berceau de l’énergie nucléaire, la “règle

des 10 miles” est d’application concernant l’implantation

des centrales nucléaires. Ces dernières doivent donc respecter

une distance de sécurité de 16 km minimum de toute

habitation. La Commission d’enquête qui s’est penchée

sur la sécurité des installations nucléaires en Belgique est

arrivée en 1991 à la conclusion que, vu la densité de population

élevée qui caractérise notre pays, aucune installation

nucléaire ne devrait pouvoir être construite dans un rayon

 

[ factsheet 3 | avril 2005 ] [ 2/2 ]

l’énergie nucléaire est dangereuse

de 30 km autour d’une agglomération.v Un tel emplacement

n’existe pas en Belgique et les sept réacteurs nucléaires

se trouvent à proximité de deux des plus grandes villes

de notre pays (Anvers et Liège). En outre, Doel se trouve à

proximité immédiate des industries chimiques à Anvers.

Un modèle de réacteur intrinsèquement sûr verra-t-il

jamais le jour? Pour l’instant, un tel modèle n’existe que

sur papier. Son principe est basé sur le fait qu’en cas de

problème, comme une rupture du circuit de refroidissement

par exemple, le processus de fission nucléaire est automatiquement

arrêté afin d’empêcher toute fonte du noyau.

Dans le meilleur des cas, il faudra dix ans avant qu’un

prototype soit conçu, dix années supplémentaires pour que

le type de réacteur soit certifié et enfin encore dix ans pour

que le premier modèle commercial soit connecté au réseau.

Dans l’hypothèse qu’un réacteur intrinsèquement sûr

puisse effectivement voir le jour, le premier exemplaire ne

serait donc pas opérationnel avant trente ans.Et les problèmes

et risques d’accident liés à toutes les autres étapes

de la chaîne nucléaire ne seraient pas exclus pour autant.

 

 

guerre et terrorisme

En plus des risques d’accidents, les installations nucléaires

constituent des cibles stratégiques dangereuses en cas

de guerre ou d’attentat terroriste. La fourniture d’énergie

représente un objectif stratégique important en cas de conflit.

Étant donné que notre approvisionnement en électricité

dépend en grande partie de deux centrales nucléaires,

la tentation de les mettre hors service peut être grande.

En cas d’impact par un projectile explosif, la dissémination

dans l’environnement d’un cocktail de substances radioactives

se ferait encore plus facilement qu’en cas d’accident

nucléaire.

Il existe aujourd’hui de nombreuses armes conventionnelles

(c.-à-d. avec des explosifs classiques, non nucléaires)

face auxquelles aucune centrale nucléaire ne peut résister.

Ainsi, une bombe aérienne classique de 900 kg peut, en

explosant, former un cratère de 10 mètres de profondeur

et 15 mètres de diamètre. Une telle bombe peut transpercer

trois mètres de béton armé et 50 centimètres d’acier.

Avec les technologies actuelles en matière d’armement,

comme les projectiles de précision guidés par satellite ou

laser et les bombes à pénétration, il est tout à fait possible

d’atteindre avec précision une centrale nucléaire ou un

entrepôt de déchets radioactifs.vıı De grandes quantités de

substances radioactives se propageraient alors sur des distances

importantes. Et alors qu’après une explosion dans

une installation industrielle classique, la restauration et le

nettoyage du site peuvent commencer dès le lendemain,

tout l’environnement (au sens large) autour de la centrale

nucléaire resterait, après un accident, inhabitable pendant

des milliers d’années.

En plus des risques d’actions militaires en cas de guerre,

les installations nucléaires constituent également une cible

potentielle pour les terroristes. Le seuil moral des terroristes

s’avère de plus en plus bas ces dernières années, comme

en témoignent les attentats à la bombe contre des cibles

civiles en Oklahoma et en Indonésie, ainsi que l’attentat au

gaz mortel dans le métro de Tokyo. Depuis le 11 septembre

2001 et les attentats suicides contre le WTC, ce seuil moral

a totalement disparu. Depuis lors, des équipements de

défense aérienne ont été installés autour de nombreuses

installations nucléaires aux Etats-Unis, ainsi que près de

l’usine de retraitement de déchets radioactifs de la Hague,

en France.vııı

 

Le crash d’un grand avion de ligne sur la centrale de Doel

entraînerait des conséquences inouïes. Les bâtiments des

réacteurs de Doel 1 et Doel 2 ont été conçus pour résister

au crash d’un petit avion de sport léger, mais pas d’un

gros Boeing. La vulnérabilité aux attaques militaires n’est

pas spécifiquement prise en compte dans les rapports de

sécurité des centrales ou dans les critères d’octroi de permis

en Belgique.ıx

Les terroristes n’ont pas besoin d’armes atomiques pour

provoquer une catastrophe nucléaire. Une attaque d’une

centrale nucléaire près de nos villes dégagerait 1.000 fois

plus de radioactivité que celle de l’explosion nucléaire audessus

de Hiroshima.

ı Source: CEN (Centre d’étude de l’Energie Nucléaire).

ıı Voir notamment: Eloi Glorieux, Chernobyl, het jaar tien, EPO, Berchem,

1996.

ııı Nuclear Reactor Hazards, Ongoing Dangers of operating Nuclear Technology

in the 21st Century, rédigé pour Greenpeace par Helmut Hirsch,

Oda Becker, Mycle Schneider et Antony Froggatt, avril 2005. Rapport

disponible sur: http://www.greenpeace.org/international/press/reports/

nuclearreactorhazards.

ıv G. van Maanen (Europees Instituut voor Rechtswetenschappelijk

Onderzoek, Univ. Maastricht).

v Rapport d’enquête de la Commission du Sénat 1991 (commission Tchernobyl).

vı Communication orale du professeur Gilbert Eggermont (VUB et CEN) lors

de la présentation du rapport ViWTA “Kernenergie en maatschappelijk

debat” au Parlement flamand, le 22 mars 2005.

vıı Gordon Thompson, War and Nuclear Power Plants, Greenpeace International,

mars 1996.

vııı La Hague Particularly Exposed to Plane Crash Risk, Wise-Paris, septembre

2001.

ıx Gilbert Eggermont, Conventionele oorlog en kerncentrales, rapport du

colloque “De gevolgen van een niet-nucleaire aanval op een moderne

industriestad als Antwerpen”, organisé par le Medische Werkgroep

Tegen Atoomwapens à l’Université d’Anvers, 15 novembre 1986.

Par REPIN - Publié dans : RECHERCHE science
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Dimanche 5 novembre 2006 7 05 /11 /Nov /2006 13:06

BIENVENUE SUR LE NOUVEAU SITE CONSACRé AU NUCLEAIRE

SUITE A DES PROBLEME D'HEBERGEMENT ET UN CLASH DU SERVEUR PRECEDENT QUI NOUS A FAIT PERDRE TOUS NOS ARTICLES , nous nous excusons pour le retard dans les mises à jour ainsi que pour l'envoie des newsletters !!

Vous retrouverez sur ce nouveau site certains des anciens articles!! (mais tres peu) et surtout de nouveaux !! n'hésitez pas à nous lmaisser un petit message et à continuer à nous nevoyer vos infos!!

AMIS ANTI NUCLEAIRE A BIENTÔT POUR CE NOUVEAU DEPART

Par REPIN - Publié dans : ANTI NUCLEAIRE FRANCE
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